Conseils de nos leaders – Denis Renaud

PÉNURIE DE MAIN-D’ŒUVRE : UNE SOLUTION POUR TROUVER DES CANDIDATS

De plus en plus d’employeurs québécois ont trouvé la solution pour contrer la pénurie de main-d’œuvre qui nuit à leur croissance : le recrutement à l’étranger. Faire appel à des travailleurs hors Québec est une idée gagnante, mais encore faut-il réussir à les attirer, les retenir et, surtout, les intégrer comme il se doit.

L’exemple d’Olymel

Denis Renaud

 

Olymel fait partie de ces employeurs québécois qui recrutent à l’étranger. « Oui, on sent qu’il y a une pénurie de main-d’œuvre au Québec, notamment pour des postes de manufacturiers, d’électromécaniciens. Pour les chercheurs d’emploi, les types de postes disponibles sont assez variés », indique Denis Renaud, directeur corporatif, développement organisationnel et ressources humaines chez Olymel.

 

 

D’ailleurs, selon les plus récentes données de Statistiques Canada, le Québec comptait 114 215 postes vacants au premier trimestre de 2019, en hausse de 21 365 (+23 %) par rapport au trimestre correspondant de 2018. Les cinq secteurs d’activité économique où l’on dénombrait le plus grand nombre de postes à combler étaient :

  • La fabrication (16 465 postes vacants);
  • Le secteur des soins de santé et de l’assistance sociale (15 445);
  • Les services d’hébergement et de restauration (10 630);
  • Le commerce de détail (10 490);
  • Les services professionnels, scientifiques et techniques (10 165).

Où recruter?

La priorité de cette entreprise spécialisée dans la production, la transformation et la distribution de viandes de porc et de volaille est d’abord de recruter des employés au Québec, dans les régions où les établissements (une trentaine) sont établis. Mais faute de candidats locaux pour combler ses nombreux postes vacants, Olymel a décidé de recruter à l’étranger.

« On sélectionne d’abord des candidats dans des pays où la population parle français, comme l’île Maurice, car on veut qu’ils puissent bien s’intégrer à la culture québécoise, explique M. Renaud. Une fois arrivés au Québec, ils sont assurés d’avoir un emploi chez nous. C’est très rare que la personne que nous avons sélectionnée ne fasse pas l’affaire. »

Ces nouveaux employés d’Olymel ont le statut de travailleurs étrangers temporaires. Ils détiennent un permis de travail d’un an, renouvelable une fois, pour 12 mois. Après ces deux années, ils peuvent demander un statut de résident permanent.

Le PDG d’Olymel a fait une sortie médiatique récemment pour réclamer au gouvernement une augmentation du nombre maximal de travailleurs étrangers temporaires qu’il est possible d’embaucher. Réjean Nadeau souhaiterait voir ce seuil passer de 10 % à 20 % pour les besoins en main-d’œuvre.

Investir en formation

Les travailleurs étrangers embauchés par Olymel ont en moyenne entre 35 et 40 ans. « Lorsqu’ils commencent, ils sont formés de A à Z par des formateurs d’expérience. Par la suite, ils peuvent suivre d’autres formations afin que leurs compétences évoluent avec le temps. C’est ce qui a permis à certains employés étrangers de passer d’un poste de manœuvre à celui de cadre », mentionne Denis Renaud, ajoutant qu’il importe d’investir en formation. « Pour attirer des candidats, il ne faut pas juste offrir un emploi, il faut offrir un véritable parcours professionnel. »

Du soutien pour favoriser la rétention

En plus de leur offrir diverses formations pour leur permettre d’évoluer professionnellement, Olymel a formé une équipe pour s’assurer que les employés étrangers soient heureux. Une stratégie qui semble fonctionner, selon Denis Renaud.

« Nous enregistrons un bon taux de rétention d’environ 60 %, dit-il. Nos ressources humaines veillent à ce que les travailleurs étrangers soient bien accueillis. Elles agissent ensuite comme des travailleurs sociaux, de façon humaine, afin que les nouveaux employés puissent s’intégrer à leur nouvel environnement. »

L’Académie d’excellence entrepreneuriale SYNOR Desjardins tient diverses formations et ateliers de codéveloppement sur les défis que représentent le recrutement et la pénurie de main-d’œuvre. Visitez notre section « Activités » pour connaitre la programmation.

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